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> Accueil > légendes et contes guatémaltèques

 

Légendes et contes guatémaltèques

 

  • Les premiers hommes (légende maya)

Les dieux voulurent créer de nouveaux êtres capables de parler et de récolter ce que la terre pouvait leur offrir. Mais ces nouvelles créatures devraient être capables de rendre hommage à leurs créateurs.
C'est ainsi qu'ils formèrent le corps du premier homme avec de la boue. Ils le modelèrent avec minutie, n'oubliant aucun détail.
Malheureusement, le résultat fut déplorable : édenté, les yeux vides, sans aucune grâce, ces poupées ne pouvaient se maintenir debout et se désagrégeaient sous l'eau. Cependant, le nouvel être avait le don de la parole, une voix harmonieuse, jamais entendue dans ce monde. Mais il n'avait pas conscience de ce qu'il disait.
Malgré tout, les dieux décidèrent que ces êtres fragiles vivraient. Ils devraient lutter pour survivre, se multiplier et améliorer leur espèce, en attendant que des êtres supérieurs ne les remplacent.
Les nouvelles créatures furent fabriquées en bois pour qu'elles puissent marcher bien droit sur la terre. Ils s'unirent entre eux et eurent des enfants. Mais ces êtres n'avaient pas de sentiments. Ils ne pouvaient pas comprendre qu'ils devaient le présence sur terre par la seule volonté des dieux.
Ils déambulaient sans savoir où ils allaient, tels des morts vivants. Quand ils parlaient il n'y avait aucune émotion dans leur voix.
Ils vécurent plusieurs années jusqu'à ce que les dieux décidèrent de les condamner à mort : une pluie de cendres s'abattit sur ces êtres imparfaits. Puis l'eau coula tellement qu'elle atteignit les sommets des montagnes les plus élevées. Tout fut détruit.

Les dieux créèrent alors deux nouveaux êtres. Mais ils ne correspondaient pas non plus à leurs espérances. L'oiseau Xecot Covah leur creva les yeux, tandis que le félin Cotzbalam les étripa. Les survivants affrontèrent les accusations de tous les êtres et objets que l'on croyait sans âme; les pierres à moudre, les marmites, les cruches, les chiens, tous se plaignaient des mauvais traitements qu'ils avaient reçus et menaçaient maintenant les hommes.
Ceux ci prirent peur, s'enfuirent, montèrent sur les toits qui s'écroulaient. Alors ils se réfugièrent dans les arbres. Mais les branches se cassèrent. Ils tentèrent de trouver refuge dans les grottes; mais les parois s'effondrèrent.

Les quelques survivants se transformèrent en singes. C'est pour cela que les singes sont les seuls animaux qui évoquent la forme des premiers êtres humains de la terre Quiché.
Alors les dieux se réunirent encore une fois afin de créer un nouvel être fait de chair et d'os, et doué d'intelligence. Cette fois ils se servirent de maïs; ils modelèrent leur corps avec cette pâte jaune et blanche et y introduisirent des bouts de bois pour qu'ils soient plus rigides.
Rapidement, les nouveaux êtres humains firent preuve d'intelligence : ils comprirent le monde qui les entourait. Ces êtres s'appelaient Balam Quitzé, Balam Acab, Ma Hucutah et Iqui Balam.

Alors les dieux interrogèrent le premier d'entre eux :
- Parle en ton nom et celui des autres, et dis nous quels sont tes sentiments. Es-tu conscient de tes pouvoirs ?
Balam Quitzé leur répondit :
- Vous nous avez donné la vie et grâce à cela nous savons ce que nous savons, nous sommes ce que nous sommes; nous parlons, nous marchons et comprenons ce qui nous entoure. Nous savons déjà où reposent les quatre coins du monde, lesquels marquent les limites de tout ce qui nous entoure.

Mais les dieux n'appréciaient pas que les nouveaux êtres sachent autant de choses. Il fallait qu'ils ne connaissent qu'une partie du monde qui les entoure. Seule une partie de ce qui existe leur serait révélée et ils ne devraient pas tout comprendre. Il fallait limiter le champ de leurs connaissances afin de réduire leur orgueil. Sinon leurs enfants percevront encore mieux les réalités du monde jusqu'à en savoir autant que les dieux, et se croire dieux eux-mêmes.
Il fallait remédier à ce danger qui serait fatal pour l'ordre fécond de la création. Alors les dieux limitèrent le champ de leurs connaissances.

Afin que ces êtres ne soient pas seuls, les dieux créèrent les femmes. Ils endormirent les hommes et placèrent auprès d'eux les femmes, nues et paisibles.

Quand ils se réveillèrent, ils les virent avec joie tant elles étaient belles. Pour les distinguer ils leurs donnèrent des noms qui évoquaient la pluie selon les saisons. Les couples se formèrent et ils eurent des enfants qui commençaient à peupler la terre.
Certains d'entre eux étaient plus doués que les autres. Pour cette raison les dieux les choisirent pour qu'ils deviennent Adorateurs et Sacrificateurs, des prêtres aux fonctions très élevées.
Les premiers êtres engendrés étaient aussi beau que leur mère, aussi puissants que leur père et surent deviner le mystère de leurs origines.

C'est ainsi que Balam Quitzé et les autres anciens furent les géniteurs des êtres humains qui vécurent, se développèrent et formèrent les tribus du Quiché. Ces premiers hommes se propagèrent sur la terre, dans la région de l'Orient.

  • La légende de Xocomil

Autour du lac Atitlan souffle un vent qui se lève vers 12h ou 13h. Tous les jours, ce vent change de sens. Les Guatémaltèques qui vivent sur les rives du lac raconte une légende à ce propos., la légende de Xocomil (prononcez « tchocomil ») …

I l était une fois une princesse maya, du nom de Xocomil.
La princesse était très seule car son entourage, cherchant à la protéger des soupirants mal intentionnés, l'isolait en la sur-protégeant.

Un jour cependant, elle croisa un jeune serviteur qui venait de rentrer au service de son père. Se cotoyant quotidiennement au palais, ils finirent par tomber amoureux l'un de l'autre.... Mais afficher leur amour au grand jour aurait été bien imprudent pour le jeune homme. Aussi, ils décidèrent de se retrouver en secret au bord du lac.
Plusieurs fois, ils se rencontrèrent sur les rives du lac et passèrent de délicieux moments.

Mais un jour, après s'être éclipsée discrètement du palais pour rejoindre son fiancé, la princesse Xocomil dut attendre et attendre encore...
Elle ne revit jamais son amoureux...
Depuis ce jour, Xocomil revient quotidiennement vers midi sur les rives du Lac Atitlan, sous la forme du vent, voir si son amour sera au rendez-vous. Aussi, pour être sûre de ne pas le rater, elle souffle un jour dans un sens, et d'un autre le lendemain...

Voici donc la seule et véritable explication du vent aussi changeant, qui souffle tous les jours sur les rives du lac Atitlan...

 



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